Adriana Rosenzvaig - Secrétaire régionale

La lutte collective permet de transcender l’individualité, de construire l’estime de soi et de joindre ses efforts à ceux des autres pour réclamer un monde plus juste et plus solidaire.

Mon père était dirigeant syndical du Syndicat des voyageurs de commerce, et un frère de ma grand-mère était typographe au Syndicat du secteur graphique, tous deux en Argentine. On m’a inculqué de fortes valeurs éthiques fondées sur l’égalité et la justice. Dès que j’ai commencé à travailler, j’ai adhéré à un syndicat, et peu à peu j’ai commencé à prendre part aux grèves et aux mobilisations. En 1976, j’ai dû m’exiler en raison des persécutions dont je faisais l’objet. Quand je suis rentrée en 1983, j’ai syndiqué les 100 travailleurs de mon imprimerie, qui m’ont élue déléguée syndicale. Après cela, j’ai occupé plusieurs fonctions, aux niveaux national et international.

Le militantisme syndical m’a donné un fort sentiment d’identité et d’appartenance. Je ne conçois pas le militantisme syndical comme un lieu d’accomplissement personnel mais bien comme une entreprise collective. Sur mon lieu de travail, j’ai eu le sentiment d’avoir apporté mon humble contribution pour que des centaines de travailleurs et travailleuses aient mieux conscience de leurs droits et de leur dignité. Dans le cadre d’UNI, je suis fière d’avoir pu, avec d’autres collègues, réussir à signer plusieurs accords mondiaux et je participe activement à leur mise en oeuvre.

Je n’ai jamais considéré mon militantisme syndical et politique comme une carrière. C’est simplement ma place dans le monde, un lieu qui a donné sens et direction à ma vie.

La lutte collective permet de transcender l’individualité, de construire l’estime de soi et de joindre ses efforts à ceux des autres pour réclamer un monde plus juste et plus solidaire.